Copain comme cochon, mais d’où vient cette expression ?

Le « cochon » d’ici est une déformation de l’ancien français soçon (lui-même parfois modifié en chochon) et dérivé du latin socius qui voulait dire « camarade, associé ».

Mais au fil des années, l’origine a été oubliée et on perçoit le terme comme désignant l’animal.

Cette expression, comme tout le monde le sait, signifie que l’on est lié.es par une amitié forte. On a donc tendance à comprendre l’expression comme « Bien s’entendre comme des cochons ». Pourtant, dans l’esprit de très nombreuses personnes, le cochon n’est que viande. On est alors loin d’une entente amicale…

Et si on changeait notre regard sur cet être doué d’une grande intelligence ?

Mettons à mal les vieilles affirmations tenaces et négatives qui entachent notre vision à propos des cochons et ouvrons les yeux sur ce que sont vraiment ces « camarades ».

  • Les cochons, des animaux sales ?

S’ils sont adeptes des bains de boue, c’est qu’ils ont de bonnes raisons ! Nous ignorons qu’ils adoptent ce comportement pour se protéger des puces et des coups de soleil et qu’ils pallient leur absence de sudation par ce bain rafraîchissant.

Ils font donc avec les moyens qu’ils ont, qui sommes-nous pour les blâmer alors que nous avons des déodorants, des crèmes solaires et des anti puces et moustiques !!

« Transpirer comme un porc » est donc une expression fausse puisque ces derniers ne suent pas !

Nous devrions voir ce geste comme une réflexion et un moyen d’adaptation plutôt que comme quelque chose de dégoûtant et sale.

Les éléphants s’aspergent de terre humide pour les mêmes raisons, pourtant je n’ai jamais entendu quelqu’un affirmer que les pachydermes sont des animaux sales !!

Autre fait, un cochon ne fera jamais ses besoins proche de sa nourriture ou de l’endroit où il dort, il est très organisé et ordonné ! Un cochon domestiqué peut même faire ses besoins dans une litière ! Bien sûr, ce comportement naturel leur est impossible au sein des élevages, puisqu’ils sont confinés dans des espaces réduits et sont contraints de faire leurs besoins à travers un sol en caillebotis, à proximité immédiate de leur mangeoire.

  • Les cochons et leurs facultés sensoriels

Les cochons possèdent un odorat proche de celui des chiens. Ce sens développé leur permet, grâce à une simple odeur, d’identifier un individu, son sexe, son statut reproductif et son statut social.

A cela s’ajoute une très bonne ouïe, ils peuvent repérer la direction d’un son avec une marge d’erreur de seulement 5°.

Concernant leurs petits yeux, leur acuité visuelle est bonne, mais ils voient mal les couleurs. Les cochons ont deux sortes de cônes dans leur rétine (trois pour l’être humain) et sont donc sensibles au vert et au bleu mais pas au rouge.

La communication est leur fort, ils communiquent beaucoup par l’ouïe et l’odorat. Ils ont une vingtaine de cris différents à leur répertoire leur permettant de s’exprimer quand ils sont en colère, qu’ils ont peur ou qu’ils sont contents.

Esther the wonder pig, with friends.

Les cochons et leurs capacités cognitives

De nombreuses études ont démontrées que les porcs partagent un certain nombre de capacités cognitives avec d’autres espèces très « intelligentes » telles que les chiens, les chimpanzés, les éléphants, les dauphins, voire les humains.

Les cochons ont une excellente mémoire et se souviennent de choses de longue date de manière extraordinaire. Une faculté de souvenir à laquelle vient s’ajouter une certaine habileté à réaliser des tests complexes, tels que l’emplacement d’objets sélectionnés, ou la reconnaissance de soi dans un miroir. Le cochon reconnaît son reflet, joue avec lui. Ce qui n’arrive, chez l’être humain, qu’entre douze et dix-huit mois. (voir sources pour plus de détails)

Certaines études ont démontré « l’intelligence » des éléphants d’Asie, des souris ou encore des corbeaux, notamment en termes d’émotions. Cependant, une étude de l’université Emery prouve que le porc présente bien plus d’indications d’intelligence que ces autres espèces. Ils sont ainsi capables de développer de l’empathie les uns envers les autres en coopérant ou en apprenant du comportement d’autrui.

Ils sont aussi dotés de ce que l’on appelle « l’intelligence machiavelienne » c’est-à-dire qu’ils ont la capacité de tromper autrui, en leur cachant des informations comme par exemple l’emplacement de nourriture, afin de conserver ce secret pour eux. Ils font donc semblant de ne pas connaître la cachette de nourriture lorsqu’ils sont en présence d’autres cochons, afin d’éviter d’être suivis.

Esther the wonder pig, with friends.

  • Les cochons et leur nourriture

Chacun sait que le cochon mange une diversité d’aliments, ce qui lui vaut parfois une mauvaise image de poubelle ambulante.

Certes, ils peuvent manger une grande variété d’aliments : feuilles, tiges, racines, tubercules, fruits, fleurs, graines, champignons, œufs, escargots, limaces, etc. Et je dois vous avouer que je ne vois pas la différence avec l’alimentation de la grande majorité de la population. Mis à part les limaces !

En outre, de nombreuses expressions ternissent son image en le faisant passer pour un goinfre telle que « J’ai mangé comme un gros porc », sauf que le cochon à un petit estomac et mange donc plusieurs fois par jour de petites quantités !

  • Les cochons et leurs plaisirs de vivre

Nous serions étonné.es de voir combien les cochons ont un certain goût pour le jeu et expriment également leur joie par des sauts de « cabris » et courses folles. Ils aiment les baignandes, ils peuvent être très effectifs avec les humains.

Esther the wonder pig

 

Mais nous ne savons pas tout cela, nous ne savons pas qu’ils sont joueurs, tellement joueurs. Intelligents, tellement intelligents. Parce qu’ils sont juste élevés, dans un environnement sombre et si pauvre, si vide, si froid, si cloisonné, que leurs facultés s’atrophiées. Leur existence ne vaut pas la peine d’être vécue, les uns sur les autres, sur un sol dur, sans motivation, sans occupation, alors leur comportement se trouble, leur joie de vivre disparaît.

Mais ils ne sont pas eux mêmes. Qui serait LUI dans de telles conditions ?

Sources :

http://www.petafrance.com/actualites/lintelligence-du-cochon/

http://www.lepoint.fr/science/l-intelligence-des-animaux-d-elevage-1-le-cochon-25-02-2017-2107458_25.php

https://www.l214.com/cochons/intelligence-et-vie-sociale 

http://dailygeekshow.com/porc-cochon-intelligence-animaux/ 

 

Catégories : Cause Animale

1 commentaire

Leo · 20 août 2017 à 17 h 07 min

Trop intéressant ton article !
“Tout homme a dans son coeur un cochon qui sommeille.” 🐽

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