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En France, les poules pondeuses sont utilisées de manière intense, pendant une à deux années. Ensuite, elles sont considérées comme moins productives et sont « réformées ». Elles sont mises à la retraite, donc inutiles et leur heure a sonné puisqu’elles sont emmenées à l’abattoir. (pour information, une poule vivant une vie « normale » peut vivre jusqu’à 8 ans)

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Il y a ainsi un « turn over » important qu’il faut pouvoir combler.
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C’est pourquoi, chaque jour naissent environ 200 000 poussins qui vont permettre de prendre la relève des poules pondeuses en place.
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Sur ces poussins, uniquement les femelles vont avoir une utilité, puisque les mâles, faute de pouvoir pondre des œufs et ne possédant pas les mêmes caractéristiques que les poulets élevés pour leur chair, sont en effet éliminés en masse dans des broyeuses mécaniques quelques heures après leur naissance, gazés ou laissés pour morts dans des poubelles.
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Les femelles ne subissent pas un sort plus glorieux. Leurs becs sensibles sont souvent coupés afin qu’elles ne puissent pas attaquer et blesser les autres poules lorsqu’elles se retrouveront enfermées et que les conditions les rendront agressives. Elles sont ensuite condamnées à vivre une vie serrées les unes contre les autres, avec pour seul objectif de pondre encore et encore.
Mais revenons à cette pratique légale qu’est le broyage.
En 2014, une vidéo tournée de manière clandestine par un employé d’un couvoir et révélée par l’association L214, a révolté la population et conduit le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Fol a annoncé une remise à plat des normes du bien-être animal et une évolution dans la « mise à mort des animaux en dehors des abattoirs».
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Maiiis face à l’absence d’action de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) qui est normalement en charge de ces mesures, L214 écrit à nouveau à Stéphane Le Foll en avril 2015, en lui proposant de détailler les avancées sur cette question.
 
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– Les avancées permettant un traitement moins cruel –
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En effet, l’université de Leipzig a mis au point une méthode de détermination du sexe des volailles dans l’œuf, au troisième jour de leur développement, grâce à une technique de spectrométrie, ce qui permet de trier les embryons avant leur éclosion. Les mâles n’en réchappent pas pour autant, mais à ce stade là, apparemment les connexions nerveuses ne sont pas développées et la douleur n’est donc pas ressentie.
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En pratique, un laser creuse un sillon circulaire au sommet de l’œuf, qui permet, en soulevant la coquille, de faire un trou. L’œuf est ensuite déposé, dans un gros caisson noir, un spectromètre. Sur un écran s’affiche le spectre des caractéristiques biochimiques du sang de l’embryon et un programme parvient à identifier avec 95% d’exactitude le sexe de l’animal. Si le poussin est mâle, l’œuf est jeté. Un œuf femelle est rebouché, à l’aide d’un simple sparadrap, et remis en couveuse.
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L’Allemagne veut mettre en place ce genre de pratique tout comme les Etats-Unis qui ne veulent plus cautionner ce genre d’actes. En effet, L’association Mercy For Animals a révélé, là encore, le carnage, grâce à une vidéo tournée dans la plus grande usine mondiale de poules pondeuses, l’usine de Hy-Line International à Spencer dans l’Iowa.
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Cette pratique coûterait seulement 1 à 2 centimes par œuf. La mesure serait donc économiquement presque neutre.
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– En France –
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Une entreprise française initialement spécialisée dans la sous-traitance électronique dans l’aviation et l’armement s’est également lancée dans la spectrométrie. Depuis quatre ans environ, Tronico travaille sur cette technologie, aidée par une dotation de 4,3 millions d’euros du Programme d’investissements d’avenir (PIA) sur une méthode dite non invasive, afin de ne pas percer la coquille, mais de pouvoir déterminer le sexe du poussin grâce à sa coquille (aspérité, etc.)
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L’entreprise doit travailler encore un an pour affiner sa méthode du point de vue scientifique et technique.
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Ce n’est donc pas pour tout de suite que les pratiques vont changer afin de ne pas tuer en masse des poussins. Cela ne veut pas non plus dire que le broyage sera illégal.
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Mais il est intéressant de savoir que des entreprises, des pays, sont entrain de réfléchir afin de faire évoluer ces méthodes.
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Rappelons que d’autres animaux sont concernés par des traitements similaires.
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Notamment dans l’industrie du foie gras, où cette fois seuls les canetons mâles sont gardés, au contraire des femelles qui sont broyées.
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Il m’est très difficile de cautionner ces pratiques. Celle concernant le sort des poussins mâles mais aussi celle concernant l’élevage des poules pondeuses.
Quand je regarde un œuf, c’est toutes ces souffrances silencieuses et cachées que je vois.
  Pixabay : congerdesign
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Si vous désirez adopter une poule pondeuse réformée afin de lui offrir une nouvelle vie pleine de bonheur, je vous invite à consulter ce lien :
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 Photo : vegactu
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Sources articles
 
http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/10/broyage-poussins-production-oeufs-disparait-etats-unis_n_10393546.html
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http://www.liberation.fr/planete/2016/03/31/l-allemagne-va-continuer-a-broyer-les-poussins-males_1443049
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http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/05/27/01008-20150527ARTFIG00425-en-france-des-millions-de-poussins-sont-broyes-chaque-annee.php